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Gestion de programmes multinationaux: les sept dimensions de la réussite

Les multinationales doivent gérer un certain nombre d’expositions au risque, peu importe où elles exercent leurs activités. Les diverses lois et réglementations partout dans le monde rendent les choses encore plus complexes. Il n’y a pas deux programmes mondiaux identiques; chaque programme tient compte des expositions au risque de l’entreprise, de sa philosophie d’exploitation, de ses objectifs de gestion des risques et d’autres facteurs. Même au sein d’une même entreprise, l’approche adoptée peut varier radicalement d’un pays à l’autre.

Alors que les programmes mondiaux continuent de gagner en maturité dans plusieurs catégories d’assurance, l’objectif n’est plus de mettre l’accent sur les questions fiscales et réglementaires seulement, mais aussi sur les questions opérationnelles.

 Bien que la conformité soit au cœur de nombreuses décisions relatives à la structure des programmes, la gestion des programmes multinationaux vise avant tout à appuyer les stratégies d’affaires multinationales. Chaque organisation utilise ses propres indicateurs de rendement clés. Cela dit, un programme multinational efficace est conçu dans le but ultime de prévenir et de gérer les problèmes pouvant avoir des répercussions néfastes sur l’entreprise, mais aussi pour appuyer la stratégie globale et le modèle d’exploitation de l’entreprise. L’implication de tous les intéressés est donc nécessaire. Enfin, pour adopter une approche axée davantage sur le rendement et élaborer un programme mondial plus optimal, les entreprises doivent se concentrer sur les sept principales dimensions de la réussite.

 

Équilibre

Les programmes optimisés tiennent compte de divers facteurs : objectifs d’affaires, caractéristiques du risque et appétit pour le risque, conformité, produits offerts sur le marché, relations avec les assureurs et solutions possibles. La clé de la réussite consiste à équilibrer tous ces facteurs de manière à consolider le programme. Par exemple, mettre beaucoup plus l’accent sur les objectifs d’affaires que sur le risque peut entraîner des problèmes. Grâce à l’implication des différents intéressés, à l’évaluation de la pondération des facteurs et à l’atteinte d’un certain équilibre dans le programme, il est possible d’avoir un programme multinational qui est plus conforme et qui appuie en fin de compte les stratégies d’affaires internationales de manière plus efficace.

 

Gestion des expositions

La conception des programmes devrait reposer sur un examen approfondi des expositions. Dans le cas des multinationales, cela comprend un examen des flux et des processus relatifs aux activités transfrontalières, pour dégager les problèmes graves. Il peut s’agir de problèmes liés aux obligations contractuelles, à l’interdépendance et à l’exposition des clients éventuels. Compte tenu de l’évolution de l’appétit pour le risque des assureurs et de la demande croissante visant à éliminer les risques liés aux programmes gérés par des multinationales, ces problèmes sont d’autant plus importants pour comprendre et communiquer clairement les changements conceptuels qui pourraient nuire à la capacité du programme à gérer de tels risques. À l’extérieur des États-Unis, la sensibilisation aux demandes de règlement est généralement moindre. Il y a toutefois eu, à l’échelle internationale, une augmentation des litiges dans des secteurs comme les produits, la pollution et la responsabilité civile des administrateurs et des dirigeants. Les risques moins évidents comprennent les expositions nouvelles ou accrues, comme les déplacements des dirigeants, la responsabilité environnementale, les cyber-risques, le crédit commercial, le terrorisme, le risque politique et l’enlèvement avec demande de rançon. Peu importe où les entreprises exercent leurs activités, elles doivent examiner tous les risques, de la protection des actifs et des revenus à la responsabilité de tiers.

 

Couverture

Il est essentiel que les programmes soient exhaustifs, notamment en ce qui a trait à la couverture requise, accessible et appropriée pour gérer les risques dans les nombreuses catégories d’assurance. La discussion sur la couverture devrait déterminer si l’entente vise une assurance agréée ou non agréée. L’assurance agréée n’est plus limitée aux souscriptions d’assurance des dommages. Selon le territoire de compétence, elle peut aussi inclure les souscriptions d’assurance traditionnellement souscrite en tant qu’assurance non agréée, par exemple pour le transport en commun, les administrateurs et dirigeants, les erreurs et omissions, la responsabilité environnementale et l’assurance excédentaire.

 

Conformité

La conformité à l’échelle internationale exige une compréhension approfondie, entre autres, des préoccupations réglementaires, fiscales et contractuelles dans tous les marchés. Une expertise et des connaissances à l’échelle locale, ainsi qu’une compréhension plus large de la conformité à tous les niveaux du programme, sont donc nécessaires. Un certain nombre de considérations doivent être prises en compte dans la conception, comme les obligations contractuelles et les exigences réglementaires régissant l’admissibilité à une assurance agréée ou non agréée, la protection obligatoire et l’impôt.

 

Structure du programme

Les structures des programmes doivent être personnalisées de manière à limiter autant que possible les chevauchements de couverture, tout en s’assurant que le programme est adaptable et conforme. Toutes les structures doivent clarifier la façon dont les différentes polices interviendront en cas de demande de règlement. D’après notre expérience, les programmes mondiaux sont plus efficaces lorsque leur structure reflète le modèle d’exploitation de l’entreprise. Par exemple, les organisations devraient se pencher sur la mise en œuvre de processus de contrôle et de prise de décisions centralisés, ainsi que sur la responsabilité et la surveillance actuelles dans les différents secteurs géographiques, et veiller à ce que leur structure de programme en tienne compte. La structure doit également correspondre aux objectifs de l’organisation en matière de risque, de finances, de fiscalité et de gestion, en plus de ses autres objectifs importants.

 

Efficience

Le programme doit également être efficient sur le plan des coûts, de l’exécution et de l’administration. Il peut être utile pour les entreprises d’évaluer l’efficacité du programme actuel pour cerner les problèmes à ce sujet, qu’il s’agisse de payer trop ou de consacrer trop de temps et de ressources à l’administration. Il est important d’évaluer régulièrement le programme pour s’assurer qu’il est rentable, tout en simplifiant sa mise en œuvre et son administration.

 
Communications

Un programme mondial efficace implique beaucoup d’intéressés. Une communication efficace est donc essentielle. Les entreprises doivent élaborer un plan de communication complet pour s’assurer que tous les intéressés disposent des renseignements requis et que le programme reflète les objectifs d’affaires et de gestion des risques. Pour ce faire, il peut être nécessaire de réunir régulièrement les différents intéressés. Les entreprises doivent également communiquer avec les courtiers locaux, qui peuvent leur fournir des renseignements sur le marché local. De plus, les discussions avec les intéressés devraient porter sur une variété de sujets, comme la fiscalité et les finances, la gestion des risques, la logistique, les installations et les ressources humaines, ainsi que d’autres secteurs, en fonction du modèle d’exploitation de l’organisation.

 

Les multinationales qui s’appuient sur ces sept dimensions de la réussite pourront harmoniser leurs processus de souscription d’assurances avec leurs objectifs d’affaires globaux, optimiser leurs relations avec les assureurs et mettre en œuvre un programme de gestion des risques plus simple et plus efficace. La clé consiste à mettre l’accent non seulement sur la conformité, mais aussi sur le rendement en rehaussant le rôle de la gestion des risques et en adoptant des stratégies de croissance.