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Votre stratégie de gestion du risque doit maintenant tenir compte des troubles civils

Pour la première fois depuis des dizaines d’années, les troubles civils exposent les entreprises nord-américaines à un risque important. Voici quatre étapes à suivre pour adapter votre stratégie de gestion du risque.

Les employeurs ont tiré bien des leçons en 2020. Entre autres, ils ont appris qu’ils doivent se préparer aux changements sociaux et aux troubles civils qui en découlent.

Alors que la plupart des manifestations tenues en mai et en juin 2020 dans 140 villes américaines étaient pacifiques, certaines d’entre elles ont provoqué des dommages matériels qui, selon les estimations, s’élèvent à au moins un ou deux milliards de dollars en demandes d’indemnisation réglées. Cela représente la période la plus coûteuse de l’histoire des États-Unis en matière de troubles civils.[1]

Dans une certaine mesure, les troubles civils ont toujours fait partie de la gestion du risque des entreprises. Cela dit, au cours des dernières années, ces troubles se sont répandus, touchant un nombre accru de secteurs et présentant une plus grande menace tant pour le maintien des activités et les biens que pour la sécurité des employés au travail. On retrouve parmi les secteurs les plus durement touchés les services alimentaires, la vente au détail et les soins de santé.[2] Ainsi, les gestionnaires du risque doivent accorder une plus grande importance à la planification relative à ces troubles et à leur évaluation, non seulement sur le plan du maintien des activités et de la responsabilité, mais aussi en fonction des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et des RH.

Il peut être difficile pour une entreprise de se préparer à affronter les risques liés aux troubles civils. Toutefois, il ne faut pas oublier que la gestion des risques d’entreprise est souvent un moyen d’institutionnaliser le bon sens. Voici quatre étapes à suivre pour adapter votre stratégie de gestion du risque.

 

1. Élaboration d’un plan de gestion de crise

Les entreprises doivent élaborer des plans de gestion de crise pour gérer les menaces telles que les émeutes ou les attaques de tireurs actifs, ainsi que les conséquences qui en découlent.[3] Leur principale fonction est de protéger la sécurité de leurs employés. Par conséquent, elles doivent mettre à jour leurs politiques et procédures, et préparer des mesures de sécurité physique pouvant être déployées en cas de besoin. De plus, s’il est possible que plusieurs emplacements de l’organisation soient touchés, cette dernière doit mettre en œuvre un plan pour chacun d’eux, en indiquant les circonstances qui entraîneraient la fermeture de l’emplacement visé.

Les entreprises devraient également offrir des services de consultation psychologique aux employés qui ont fait face à l’événement et envisager que certains d’entre eux hésiteront peut-être à retourner travailler à cet endroit.

 

2. Vérification de la couverture d’assurance

La plupart des polices d’assurance couvrent les pertes en cas d’émeutes, de mouvements populaires ou de vandalisme.[4] Cela dit, les gestionnaires du risque doivent bien comprendre les modalités de leur assurance des biens ainsi que la façon dont leurs polices couvrent les pertes liées aux troubles civils. Par exemple, la couverture peut ne pas s’appliquer aux pertes liées à une interruption des activités si aucune perte matérielle n’est couverte. Une éventuelle interruption des activités peut être d’une durée considérable, du moment où l’événement survient jusqu’à l’enquête policière.

À la suite d’un événement, les gestionnaires du risque doivent tenir compte de tous les déclencheurs susceptibles d’avoir une incidence sur une demande de règlement. Les gestionnaires du risque doivent également évaluer les secteurs où ils peuvent prendre en charge le risque en mettant en œuvre des mesures de sécurité plus rigoureuses ou d’autres mesures d’atténuation.

 

3. Mise à jour de la politique sur les médias sociaux

Les médias sociaux jouent un rôle majeur dans les changements sociaux. Alors que 71 % des Américains et près de 70 % des Canadiens[5] affirment que les entreprises occupent un rôle sans précédent dans la lutte contre les problèmes de justice sociale, les politiques sur les médias sociaux des entreprises font l’objet d’un examen beaucoup plus approfondi.

En effet, une entreprise qui aide les organisations à structurer leurs politiques sur les médias sociaux a déclaré avoir reçu plus de demandes en 2020 que les années précédentes, ce qui démontre que les organisations prennent conscience de l’efficacité de leur politique sur les médias sociaux pour atténuer le risque. Les gestionnaires du risque doivent recommander à l’organisation de mettre à jour sa politique sur les médias sociaux dans le cadre de son programme de gestion du risque.

Une fois une politique en place, il faut aussi veiller à son application, surtout auprès des personnes qui occupent des postes de direction, puisque leur position sur certaines questions sera plus étroitement liée à la réputation de l’entreprise. Une autre pratique exemplaire consiste à préparer et à rédiger les publications sur les médias sociaux pour divers scénarios de risque. En général, les entreprises qui ont déjà préparé un message au moment où l’événement survient réagissent mieux que celles qui doivent le faire en temps réel.

 

4. Recommandation de stratégies de communication internes et externes

À l’interne, les entreprises devraient inclure un libellé dans leurs politiques et programmes à l’intention des employés et préparer le message de la direction à utiliser si certains scénarios de risque devaient se produire. À l’externe, les intéressés doivent se réunir pour décider du rôle que jouera l’entreprise dans la conversation publique.

Il faut trouver les angles morts ou les secteurs où les pratiques et la gouvernance de l’entreprise pourraient faire l’objet de critiques. Les consommateurs accordent de plus en plus d’importance à ce que les entreprises répondent sérieusement aux enjeux comme les facteurs ESG et la diversité, l’équité et l’inclusion. Comme l’a démontré l’année 2020, le silence d’une entreprise porte aussi un message. Par conséquent, si vous évitez de vous prononcer, réfléchissez aux interprétations possibles de votre silence.

Enfin, n’oubliez pas qu’il est difficile de plaire à l’ensemble des clients et des employés, car il s’agit de questions très personnelles. Vous parlerez à des gens qui ont beaucoup en jeu, et à d’autres qui se situent des deux côtés d’un problème. Une stratégie efficace est une stratégie proactive, alors utilisez ce que vous avez appris des événements de l’année dernière et commencez à planifier en vue des prochains événements dès maintenant.

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Les descriptions, résumés et renseignements sur la couverture sont fournis à titre informatif seulement et ne modifient pas les modalités réelles d’une police d’assurance. La couverture est régie uniquement par les modalités de la police pertinente.


[1] $1 billion-plus riot damage is most expensive in insurance history (en anglais seulement)

[2] Reuters. Civil unrest puts U.S. economy in vicious cycle (en anglais seulement)

[3] Risk & Insurance. Dealing with Civil Unrest (en anglais seulement)

[4] III. Civil disorders and insurance (en anglais seulement)

[5] Canadians are increasingly seeking stances on social issues from employers (en anglais seulement)